Chaque année, les Français dépensent en moyenne 480 euros en médicaments, une somme qui peut rapidement grimper pour les personnes atteintes de pathologies chroniques. Le système de remboursement pharmaceutique en France repose sur un mécanisme complexe qui combine la prise en charge par l’Assurance Maladie et l’intervention de votre complémentaire santé. Comprendre les subtilités de ce dispositif devient indispensable pour anticiper vos dépenses de santé et éviter les mauvaises surprises à la pharmacie. Entre les taux de remboursement variables selon le Service Médical Rendu, les franchises à déduire, le parcours de soins coordonné et les obligations liées aux contrats responsables, le paysage du remboursement médicamenteux nécessite quelques éclaircissements pour optimiser votre couverture.
Le taux de remboursement de la sécurité sociale selon la base de remboursement
L’Assurance Maladie classe les médicaments en quatre catégories distinctes selon leur Service Médical Rendu (SMR), une évaluation réalisée par la Haute Autorité de Santé. Ce critère détermine directement le niveau de prise en charge dont vous bénéficierez lors de l’achat de vos traitements en pharmacie. Cette classification remplace depuis 2014 l’ancien système de vignettes de couleur qui figurait sur les boîtes de médicaments.
La tarification conventionnelle et le ticket modérateur
Le remboursement des médicaments s’effectue sur la base du prix fixé réglementairement ou du Tarif Forfaitaire de Responsabilité (TFR). Ce dernier représente le tarif de référence appliqué pour le remboursement de certains médicaments, notamment les génériques. Lorsque vous achetez un médicament remboursable, l’Assurance Maladie prend en charge un pourcentage du prix, laissant à votre charge ce qu’on appelle le ticket modérateur. Cette part restante peut varier considérablement selon le type de médicament prescrit et influence directement votre reste à charge final.
La part non remboursée par la Sécurité sociale constitue précisément ce ticket modérateur que votre complémentaire santé peut couvrir, totalement ou partiellement selon les garanties souscrites. Ce mécanisme de double prise en charge vise à équilibrer les dépenses de santé entre solidarité nationale et responsabilité individuelle. Comprendre cette répartition vous permet d’évaluer l’intérêt d’une mutuelle adaptée à votre profil de consommation médicale.
Les médicaments à vignette blanche remboursés à 65%
Les médicaments à SMR majeur ou important, anciennement identifiés par une vignette blanche, bénéficient d’un taux de remboursement de 65% par l’Assurance Maladie. Cette catégorie englobe environ 8 000 spécialités pharmaceutiques considérées comme essentielles au traitement de pathologies courantes. On y retrouve notamment le paracétamol sous différentes marques, les anti-inflammatoires non stéroïdiens, les antibiotiques courants, ou encore les traitements contre l’hypertension artérielle et le diabète.
Pour un médicament coûtant 20 euros avec un taux de remboursement de 65%, l’Assurance Maladie vous reverse 13 euros, avant déduction de la franchise médicale. Le ticket modérateur de 7 euros reste à votre charge, sauf si votre mutuelle prend en charge cette part résiduelle. Tous
les contrats de complémentaire santé dits “responsables” doivent, au minimum, couvrir ce ticket modérateur sur les médicaments remboursés à 65%. Concrètement, si votre mutuelle affiche une prise en charge à 100% de la base de remboursement, vous n’aurez rien à payer pour ce type de médicaments, hors franchise médicale. C’est sur cette catégorie de traitements que le couple Sécurité sociale / mutuelle joue le plus pleinement son rôle de protection de votre budget santé.
Les vignettes bleues et orange : remboursement à 30% et 15%
Les médicaments à service médical rendu modéré (ex-vignette bleue) sont remboursés à 30% de leur prix de vente ou de leur TFR. Ils concernent par exemple certains traitements des troubles digestifs, du sommeil ou des allergies saisonnières. Les médicaments à SMR faible (ex-vignette orange), comme divers sirops contre la toux ou traitements de confort, ne sont pris en charge qu’à hauteur de 15% par l’Assurance Maladie.
Dans ces deux catégories, le ticket modérateur est bien plus important et peut rapidement peser sur votre reste à charge si vous suivez un traitement chronique. Toutes les mutuelles ne remboursent pas forcément ces médicaments à 30% et 15%, surtout dans les formules d’entrée de gamme. Avant de souscrire un contrat, vérifiez donc précisément comment sont couverts ces niveaux de SMR : selon vos besoins, une meilleure prise en charge sur ces médicaments peut justifier une cotisation légèrement plus élevée.
Les génériques et le principe de substitution obligatoire
Qu’ils soient de marque (princeps) ou génériques, les médicaments appartenant au même groupe ont le même SMR et donc le même taux de remboursement. La différence se situe au niveau du prix : le générique est généralement 20 à 30% moins cher que le médicament de référence. Pour limiter les dépenses de santé, le pharmacien est donc encouragé à pratiquer la substitution, c’est-à-dire à délivrer le générique à la place du princeps, sauf mention contraire du médecin.
Ce principe de substitution a un impact direct sur votre remboursement : si vous refusez un générique proposé alors qu’il existe, l’Assurance Maladie peut appliquer le remboursement sur la base du prix du générique (TFR) et non du médicament de marque. Vous devrez alors payer la différence, et vous pouvez perdre le bénéfice du tiers payant. Autrement dit, accepter le générique, c’est un peu comme choisir un billet de train en heure creuse : le service rendu est le même, mais votre porte-monnaie s’en sort mieux.
Le cas particulier des médicaments à SMR insuffisant non remboursés
Lorsque la Haute Autorité de Santé juge qu’un médicament présente un service médical rendu insuffisant par rapport aux alternatives existantes, il est exclu de la liste des spécialités remboursables. C’est le cas par exemple de nombreux médicaments dits « de confort » ou de l’homéopathie, qui n’est plus prise en charge par l’Assurance Maladie depuis 2021. Dans ces situations, vous devez régler l’intégralité du prix en pharmacie, sans aucune participation de la Sécurité sociale.
Cependant, certains contrats de complémentaire santé prévoient un forfait annuel pour les médicaments non remboursés par la Sécu, souvent compris entre 30 et 100 euros par an et par assuré. Ce forfait fonctionne comme une enveloppe dédiée : vous envoyez à votre mutuelle la facture de la pharmacie et l’ordonnance, et elle vous rembourse dans la limite du montant prévu au contrat. Si vous consommez régulièrement ce type de médicaments, vérifier la présence d’un tel forfait peut faire une vraie différence sur votre budget.
Les garanties complémentaires santé et leurs niveaux de couverture
La complémentaire santé vient en renfort de l’Assurance Maladie pour réduire, voire annuler, votre reste à charge sur les médicaments. Mais toutes les mutuelles ne proposent pas le même niveau de remboursement. Entre contrats responsables, formules de base ou premium et forfaits dédiés, décrypter les garanties liées à la pharmacie est indispensable pour choisir une couverture réellement adaptée à votre consommation de médicaments.
Le contrat responsable et ses obligations réglementaires
La grande majorité des mutuelles commercialisées aujourd’hui sont des contrats responsables. Ce label, défini par la loi, impose un socle minimal de prise en charge sur certains postes, dont les médicaments. Pour être considéré comme responsable, un contrat doit notamment couvrir intégralement le ticket modérateur des médicaments remboursés à 65% (SMR majeur ou important), sauf exceptions prévues par la réglementation.
En revanche, pour les médicaments remboursés à 30% ou 15%, aucune obligation n’est imposée au contrat responsable : la mutuelle est libre d’y consacrer un niveau de prise en charge plus ou moins élevé. L’intérêt de ce cadre réglementaire ? En contrepartie du respect des règles du contrat responsable, la mutuelle bénéficie d’avantages fiscaux et sociaux, ce qui se répercute généralement par des cotisations plus modérées pour vous. Comprendre si votre contrat est ou non « responsable » est donc une première clé de lecture pour anticiper vos remboursements pharmaceutiques.
Les formules de base, confort et premium des mutuelles
Pour rendre leurs offres lisibles, la plupart des assureurs structurent leurs contrats en plusieurs niveaux : formule « essentielle » ou « de base », formule « confort » ou « équilibre », et formule « premium » ou « optimale ». Ce découpage se retrouve aussi sur le poste médicaments. Une formule d’entrée de gamme se limite souvent à la prise en charge du ticket modérateur sur les médicaments à 65%, et propose peu ou pas de remboursement supplémentaire sur les médicaments à 30% ou 15%.
À l’inverse, les formules intermédiaires ou haut de gamme étendent généralement la couverture à l’ensemble des médicaments remboursés par la Sécurité sociale, quel que soit leur SMR. Certaines intègrent même un forfait dédié aux médicaments non remboursés. Comment choisir ? Si vous êtes jeune, sans pathologie chronique et consultez rarement, une couverture limitée aux médicaments à 65% peut suffire. En revanche, si vous souffrez d’allergies, de troubles chroniques digestifs ou du sommeil, ou que vous recourez souvent à des traitements de confort, une formule confort ou premium limitera beaucoup mieux votre reste à charge.
Le remboursement au forfait versus le remboursement au réel
Sur les médicaments, les mutuelles peuvent fonctionner selon deux logiques. La plus courante est le remboursement dit « au réel » : la mutuelle complète ce que verse la Sécurité sociale, jusqu’à atteindre le pourcentage indiqué dans votre tableau de garanties (par exemple 100% de la base de remboursement). Si le prix du médicament ne dépasse pas cette base, vous n’avez rien à payer, hors franchise.
Le remboursement au forfait obéit à une logique différente. La mutuelle met à votre disposition une enveloppe annuelle fixe pour certains types de médicaments : non remboursés par la Sécu, vaccins spécifiques, substituts nicotiniques, etc. Vous êtes remboursé dans la limite de ce forfait, même si la facture est inférieure à la base de remboursement. On peut comparer cela à un budget courses mensuel : tant que vous restez dans l’enveloppe, tout est pris en charge, au-delà, la dépense supplémentaire reste pour vous. L’idéal, pour optimiser votre contrat, est souvent une combinaison des deux modes : remboursement au réel pour les médicaments remboursables, et forfait pour les traitements non pris en charge par la Sécurité sociale.
Les exclusions de garantie pour l’automédication et les produits de parapharmacie
De nombreux assurés découvrent au moment du passage en caisse qu’une partie de leurs achats en pharmacie n’ouvre droit à aucun remboursement, ni par la Sécu ni par la mutuelle. C’est notamment le cas des produits de parapharmacie (cosmétiques, compléments alimentaires non inscrits sur la liste, shampoings médicamenteux en vente libre, etc.) et de la plupart des médicaments d’automédication non prescrits sur ordonnance. Même certains vaccins ou contraceptifs, pourtant délivrés sur prescription, ne sont pas systématiquement couverts.
Ces exclusions sont clairement mentionnées dans les conditions générales de votre contrat, mais peu de personnes prennent le temps de les lire en détail. Pour éviter les mauvaises surprises, un bon réflexe consiste à demander au pharmacien de distinguer sur la facture les produits remboursables des produits non remboursables, puis à vérifier ponctuellement vos relevés de prestations sur votre espace assuré. Gardez en tête qu’en matière d’automédication, votre mutuelle ne joue qu’un rôle marginal : l’essentiel de la dépense restera généralement à votre charge.
Le parcours de soins coordonné et son impact sur le remboursement pharmaceutique
Le remboursement de vos médicaments ne dépend pas seulement de leur SMR ou de votre contrat de complémentaire santé. Il est également lié au respect du parcours de soins coordonné, c’est-à-dire au fait d’être suivi en priorité par un médecin traitant déclaré auprès de votre caisse d’Assurance Maladie. En cas de non-respect de ce parcours, certains remboursements peuvent être minorés, y compris sur vos dépenses pharmaceutiques.
La majoration du ticket modérateur hors parcours de soins
Lorsque vous consultez un médecin en dehors du parcours de soins (par exemple un spécialiste sans être adressé par votre médecin traitant), la Sécurité sociale applique une majoration du ticket modérateur. Cette majoration porte d’abord sur la consultation médicale elle-même, mais elle peut aussi impacter indirectement vos remboursements de médicaments. Pourquoi ? Parce que le calcul de certains plafonds et participations se fait globalement sur vos soins courants.
En pratique, si vous multipliez les consultations hors parcours, votre reste à charge global augmente, et votre mutuelle ne comble pas toujours ces surcoûts, surtout si elle est « responsable ». Vous risquez donc de voir simultanément votre budget consultations et votre budget médicaments gonfler. Pour éviter cet effet boule de neige, mieux vaut faire systématiquement référence à votre médecin traitant, sauf en cas d’urgence ou de spécialités accessibles en accès direct (gynécologue, ophtalmologue dans certaines limites, psychiatre pour les moins de 26 ans, etc.).
L’ordonnance du médecin traitant et la traçabilité CPAM
Pour qu’un médicament soit remboursé, l’ordonnance doit respecter un certain nombre de mentions obligatoires : identité du patient, date, posologie, durée du traitement ou nombre de boîtes, signature du prescripteur… Lorsqu’il s’agit de votre médecin traitant, ces prescriptions sont automatiquement rattachées à votre dossier médical et à votre parcours de soins via votre carte Vitale. La CPAM peut ainsi tracer plus facilement la cohérence entre vos consultations, vos examens et vos traitements.
Cette traçabilité n’est pas anodine : en cas de contrôle, elle permet de vérifier que les médicaments délivrés correspondent bien à des indications reconnues et à des règles de bonne pratique. Pour vous, cela se traduit par une plus grande sécurité sur les remboursements. À l’inverse, des ordonnances multiples, émanant de prescripteurs non coordonnés, peuvent parfois susciter des interrogations et retarder certains remboursements, voire entraîner des demandes de justificatifs supplémentaires.
Les exceptions ALD et les pathologies chroniques prises en charge à 100%
Si vous êtes reconnu en affection de longue durée (ALD), certains de vos médicaments peuvent être pris en charge à 100% par l’Assurance Maladie, sur la base du tarif de remboursement. Cela concerne les traitements directement liés à votre pathologie (diabète, cancer, insuffisance cardiaque, VIH, etc.) et prescrits sur une ordonnance spécifique dite « bizone ». Le haut de l’ordonnance est réservé aux soins en rapport avec l’ALD et remboursés à 100%, le bas aux soins sans lien direct, soumis à leur taux habituel.
Attention cependant : ce 100% ne vous dispense pas du paiement de la franchise médicale par boîte, ni des éventuels dépassements liés à un prix supérieur au tarif de référence. Votre mutuelle peut intervenir pour couvrir ces dépassements, mais jamais la franchise elle-même. Pour bien faire, pensez à signaler à votre médecin traitant votre statut d’ALD à chaque renouvellement d’ordonnance, afin qu’il positionne correctement vos traitements sur la bonne partie de l’ordonnance bizone.
Le tiers payant intégral et la dispense d’avance de frais
Le tiers payant vous permet de ne pas avancer, en tout ou partie, les frais de vos médicaments à la pharmacie. Au lieu de régler puis d’attendre d’être remboursé, l’Assurance Maladie et votre mutuelle paient directement le pharmacien pour la part qui leur incombe. Pour vous, c’est un confort de trésorerie non négligeable, notamment lorsque vous suivez un traitement lourd ou que votre budget est serré.
Le système de télétransmission SESAM-Vitale en pharmacie
Le tiers payant repose sur la télétransmission des informations via le système SESAM-Vitale. Lorsque vous présentez votre carte Vitale, le pharmacien lit les données sur votre caisse d’affiliation, vos droits à l’Assurance Maladie et, le cas échéant, certaines informations sur votre situation particulière (ALD, maternité, CMU-C devenue Complémentaire santé solidaire…). Votre carte de tiers payant fournie par la mutuelle complète ce dispositif en indiquant vos droits complémentaires.
En quelques secondes, la pharmacie envoie de façon sécurisée la « feuille de soins électronique » à la CPAM et à la complémentaire. Si tout est conforme, vous ne payez que la partie non prise en charge (franchise, éventuel dépassement, médicaments non remboursables). Cette chaîne de télétransmission est un peu l’équivalent d’un paiement par carte bancaire : invisible pour vous, mais indispensable pour que chacun – Sécu, mutuelle, pharmacien – retrouve ses comptes.
Les bénéficiaires de la CSS et de l’AME : droits spécifiques
Les personnes bénéficiant de la Complémentaire santé solidaire (CSS) ou de l’Aide médicale de l’État (AME) disposent de droits renforcés en matière de tiers payant. Dans la grande majorité des cas, elles sont intégralement dispensées d’avance de frais pour les médicaments remboursables. La pharmacie est alors payée directement par l’Assurance Maladie et, le cas échéant, par l’organisme gestionnaire de la CSS ou de l’AME.
Pour faire valoir ces droits, il est essentiel de présenter à la pharmacie, en plus de la carte Vitale, l’attestation à jour mentionnant la CSS ou l’AME. Sans ce document, le pharmacien peut être dans l’impossibilité de pratiquer le tiers payant intégral. Si vous êtes concerné, pensez à vérifier régulièrement la date de fin de validité de votre droit et à engager vos démarches de renouvellement en amont pour éviter toute rupture de prise en charge.
Le refus du tiers payant par le pharmacien : cadre légal
Le tiers payant est largement généralisé, mais il n’est pas toujours obligatoire pour le pharmacien, sauf pour certaines catégories d’assurés (CSS, AME, accident du travail, maternité, etc.). En dehors de ces cas, le professionnel de santé peut théoriquement refuser de l’appliquer, notamment en cas de difficulté à vérifier vos droits, de carte Vitale non à jour ou de problème technique de télétransmission. Il doit toutefois vous remettre une feuille de soins papier pour que vous puissiez demander un remboursement ultérieur.
En pratique, le refus de tiers payant reste rare en pharmacie, car il représente aussi une garantie de paiement pour l’officine. Si vous vous retrouvez malgré tout dans cette situation, interrogez le pharmacien sur le motif précis du refus (droits non ouverts, incident réseau, carte illisible…) et contactez si besoin votre caisse d’Assurance Maladie pour faire le point. Mettre à jour votre carte Vitale au moins une fois par an, et après tout changement de situation, reste le meilleur moyen de prévenir ce type de désagrément.
Les dépassements d’honoraires pharmaceutiques et les franchises médicales
Contrairement aux médecins ou aux chirurgiens, les pharmaciens ne pratiquent pas de « dépassements d’honoraires » à proprement parler pour la délivrance de médicaments remboursables : le prix de ces produits est strictement encadré. En revanche, plusieurs mécanismes viennent réduire le montant réellement remboursé, ce qui crée un reste à charge parfois mal compris : franchise médicale, prix libres sur certains médicaments, ou encore différences de tarifs entre princeps et génériques.
La franchise de 0,50€ par boîte plafonnée à 50€ annuels
Chaque boîte de médicament remboursable (ou tout autre conditionnement : flacon, tube, etc.) supporte une franchise médicale de 0,50 €. Cette somme est systématiquement déduite des remboursements versés par l’Assurance Maladie et n’est jamais prise en charge par votre mutuelle, même la plus haut de gamme. Elle est plafonnée à 50 € par an et par personne, en cumul avec les franchises appliquées sur les actes paramédicaux et les transports sanitaires.
Vous ne voyez pas toujours cette franchise au moment de l’achat, car elle peut être prélevée en différé sur un autre remboursement (consultation, analyse de laboratoire…). C’est en consultant vos relevés sur Ameli.fr que vous constaterez ces lignes de débit. Bon à savoir : les enfants de moins de 18 ans, les femmes enceintes à partir du 6e mois pour les soins liés à la maternité et les bénéficiaires d’une pension d’invalidité ou d’une rente AT/MP pour les soins en lien avec l’accident sont exonérés de franchise sur les médicaments.
Les médicaments hors nomenclature et les prix libres
Les médicaments qui ne figurent pas sur la liste des spécialités remboursables – on parle souvent de médicaments hors nomenclature – ne sont soumis à aucun tarif réglementé. Leur prix est donc librement fixé par chaque pharmacie. C’est le cas de nombreux traitements d’automédication, de certains vaccins non pris en charge, ou encore de médicaments dont le SMR a été jugé insuffisant. D’une officine à l’autre, l’écart de prix peut parfois être significatif.
Dans la mesure où ces produits ne sont pas remboursés par l’Assurance Maladie, votre mutuelle ne les prend en charge que si votre contrat prévoit un forfait spécifique. Pour limiter la facture, n’hésitez pas à comparer les prix, notamment via les affichages obligatoires en rayon ou les outils mis à disposition par certaines enseignes. On peut rapprocher cela d’un achat de lunettes de soleil non correctrices : sans ordonnance ni remboursement Sécu, le seul levier d’économie reste la comparaison des offres.
Le droit de substitution du pharmacien et l’impact tarifaire
Le droit de substitution autorise le pharmacien à délivrer un médicament générique à la place du médicament de marque prescrit par le médecin, à condition que ce générique appartienne au même groupe et respecte les mêmes exigences de bioéquivalence. D’un point de vue thérapeutique, la molécule, le dosage et la forme pharmaceutique sont équivalents. D’un point de vue financier, le prix est généralement inférieur, ce qui réduit d’autant le montant remboursé par la Sécu et la mutuelle… et donc votre ticket modérateur en valeur absolue.
Refuser cette substitution impacte directement votre portefeuille. Si vous choisissez de conserver le princeps alors qu’un générique existe, votre remboursement sera limité à la base de remboursement du générique, et vous devrez régler de votre poche la différence de prix. Dans certains cas, le tiers payant peut même être suspendu, vous obligeant à avancer l’ensemble de la somme. Accepter la substitution, c’est donc un moyen simple de maîtriser vos dépenses, sans compromis sur l’efficacité du traitement.
La déclaration et le suivi des remboursements sur ameli.fr
Suivre précisément le remboursement de vos médicaments est devenu beaucoup plus simple grâce aux services en ligne de l’Assurance Maladie. En vous connectant à votre compte Ameli.fr, vous accédez à l’historique détaillé de vos prestations, au montant pris en charge par la Sécu, à la part restant à votre charge et, le cas échéant, à la contribution de votre mutuelle. C’est un outil précieux pour vérifier vos droits, anticiper vos dépenses et détecter d’éventuelles anomalies.
Le décompte de remboursement et la lecture du relevé de prestations
Après chaque passage à la pharmacie, un décompte de remboursement est généré sur votre espace Ameli, généralement sous quelques jours. Ce relevé mentionne la date de délivrance, le nom ou le code du médicament, son prix, la base de remboursement, le taux appliqué et le montant effectivement pris en charge par la Sécurité sociale. La franchise médicale y apparaît également, sous forme de ligne de débit distincte.
Apprendre à lire ce relevé, c’est un peu comme décrypter une facture de téléphone : au début, cela semble complexe, mais on repère vite les informations clés. En comparant ce décompte avec les éventuels relevés de votre mutuelle, vous pouvez vérifier que la coordination Assurance Maladie / complémentaire santé fonctionne correctement et que le reste à charge correspond bien à ce qui était prévu par votre contrat.
Les délais de traitement CPAM et les recours en cas de refus
En cas de télétransmission via la carte Vitale, les délais de remboursement de la CPAM pour les médicaments sont en général très courts, souvent inférieurs à une semaine. Si vous devez envoyer une feuille de soins papier (par exemple après un refus de tiers payant ou une panne informatique), le délai peut s’allonger jusqu’à une vingtaine de jours. Au-delà, il peut être utile de contacter votre caisse pour vérifier la bonne réception du document.
Si un remboursement est refusé ou minoré par rapport à ce que vous attendiez, un motif est indiqué sur votre relevé (médicament non remboursable, ordonnance non conforme, droit non ouvert, etc.). Vous disposez alors de voies de recours : d’abord une réclamation amiable auprès de votre CPAM, puis, si besoin, une saisine de la commission de recours amiable (CRA). En parallèle, rapprochez-vous de votre médecin ou de votre pharmacien pour clarifier la situation : il s’agit parfois d’une simple erreur de codage ou d’une mention manquante sur l’ordonnance.
L’historique des remboursements et le plafond annuel de la mutuelle
Votre compte Ameli conserve un historique de vos remboursements sur plusieurs mois, voire plusieurs années. Cet historique est utile pour suivre l’évolution de votre consommation de médicaments, mais aussi pour dialoguer avec votre mutuelle, notamment lorsque votre contrat prévoit des plafonds annuels sur certains postes (forfait médicaments non remboursés, forfait prévention, etc.). En recoupant les informations Ameli avec celles de votre espace assuré mutuelle, vous pouvez savoir à tout moment où vous en êtes de ces enveloppes.
Certains contrats haut de gamme prévoient également des plafonds globaux par an et par bénéficiaire, au-delà desquels la prise en charge diminue ou s’arrête. Même si cela reste rare pour les seuls médicaments, il est utile d’avoir en tête cette notion lorsque vous utilisez beaucoup vos garanties (optique, dentaire, hospitalisation, pharmacie…). En gardant un œil régulier sur vos relevés, vous disposez de toutes les cartes pour ajuster, au besoin, votre contrat lors de son renouvellement et continuer à bénéficier d’un remboursement des médicaments réellement en phase avec vos besoins de santé.
